Petites actions
anti-publicitaires
efficaces
et à la portée de chacun
Auteur:
Miguel J U L l E R
mjulier@free.fr
Montpellier, le 25 novembre 2000
(première version)
dernière mise à jour le 8 mai 2003, à Montpellier
Pourquoi être contre la publicité?
Gênante et
inesthétique
Coûteuse
Elle perturbe l'économie
et favorise les monopoles
Le cas particulier des
grandes surfaces commerciales
Elle réduit la
liberté
Considérations générales
Actions valables pour
tout type de publicité
Actions en fonction du type de support
La publicité
distribuée dans toutes les boîtes aux lettres
La publicité
adressée par courrier
La publicité par
téléphone ou par fax
La publicité par courrier
électronique
Les pubs dans la presse
écrite
La pub à la radio et
à la télé
La publicité sur le web
Les panneaux sur les murs
Dans les transports en commun
Dans les magasins
La publicité à des
endroits « anormaux »
Adresses utiles
Pourquoi être contre la
publicité?
Chacun ses motivations, mais voici quelques raisons...
Gênante et inesthétique
Votre boîte aux lettres est pleine de réclames, au point
d'avoir du mal à trouver le courrier au milieu, la moitié
du courrier lui-même se révèle être
publicitaire, vous recevez des appels téléphoniques
interminables pour faire refaire votre cuisine, la radio et la
télé sont décourageantes tellement leurs
émissions sont interrompues, les murs de la ville sont couverts
de panneaux, tout comme les entrées de ville, et vous allez au
travail dans un bus enlaidi d'annonces, couvrant parfois même les
vitres, ou dans un métro qui navigue dans un couloir de pubs.
C'est probablement votre première motivation pour lire ce texte:
la publicité est insupportable.
Dans les milieux confinés (en particulier les métros
souterrains), la publicité omniprésente oblige à
baisser les yeux pour ne pas être constamment aggressé.
Faîtes un tour dans le métro de Paris en observant
l'attitude des passagers si vous n'en êtes pas encore convaincus!
Dans la rue, les panneaux de pub plantés avec l'autorisation de
la municipalité sont en général mis au milieu du
trottoir, avec toute la gêne que cela implique pour les
piétons, sans compter l'insécurité qui augmente
dans une rue où la visibilité est réduite par ces
panneaux. Ce jugement peut paraître excessif, mais visitez
Montpellier pour vous en convaincre: hors du centre ancien, les rues
étroites sont principalement occupées par les voitures,
et
les petits trottoirs rendus difficilement utilisables par la
présence de poteaux plantés n'importe où, de
barrières, et de voitures garées; là les panneaux
sont réellement handicapants pour les piétons.
Coûteuse
Bien sûr, la pub finance les médias, les transports
publics, et bien d'autres services que nous utilisons. Mais l'argent si
gracieusement offert par un annonceur, elle vient bien de ses clients.
Il faut se rendre à l'évidence: nous avons payé le
kilo quotidien de propagande dans notre boîte aux lettres en
faisant nos courses. Bref, nous avons payé le papier, la
distribution, les publicistes qui se sont creusés la tête
sur notre compte,... Autant de frais qui auraient pu être
économisés ou dépensés autrement.
Exemple: le déferlement de pub pour les vêtements ou les
chaussures explique que le prix de ces articles ne cesse d'augmenter
alors que leur qualité tendrait plutôt à diminuer.
Les grandes surfaces, elles, financent les tonnes de propagande
diffusée sur tout le pays en augmentant leurs marges: soit en
vendant cher les produits dont le consommateur n'a pas le prix en
tête (soit qu'ils soient rarement achetés, comme la Hi-Fi
ou le gros électroménager, soit que leur prix soit
variable, comme les fruits et légumes, soit encore qu'il
s'agisse
de produits achetés compulsivement, comme les plats
préparés).
Elle perturbe l'économie et
favorise
les monopoles
La logique et le bon fonctionnement de l'économie voudraient que
les entreprises se développent ou non en fonction de leur
efficacité, de l'utilité de leurs produits, de leurs
prix... Ceci demande de pouvoir les comparer, chose à laquelle
contribuent grandement les associations de consommateurs et d'usagers.
La publicité perturbe l'équilibre, de toute façon
instable, en permettant à de grandes enseignes de cacher
l'existence de plus petits: l'hypermarché, en inondant le
voisinage de pubs sur quelques produits vendus à perte (le pain,
les yaourts, ou les pêches, par exemple), arrive à attirer
des clients bien que leurs produits soient globalement plus chers et
moins bons. Ainsi, l'hypermarché peut rapidement mettre en
faillite toute un secteur, comme les épiceries ou les
boulangeries, avant de passer à un autre secteur. Mais il s'agit
là plutôt du problème des entreprises
monopolistiques, qui est proche mais néanmoins différent
de la question pure de la publicité.
Dans d'autres cas (le vin, les produits
alimentaires, les plages...), la publicité prend la forme de
"labels", "médailles", et autres distinctions que l'on obtient
à condition de les avoir demandés, ce qui a un coût
financier: ceci aux dépends de la qualité réelle
du
produit. En 2003, nombre de petits producteurs du Languedoc ont
d'ailleurs boycotté le Salon de l'Agriculture de Paris (faisant
donc l'impasse sur le concours agricole) en raison de la hausse des
frais de participation. Et tout ceci n'empêche pas la
publicité toute ordinaire pour faire ensuite connaître la
"médaille d'or du concours général" ou le "label
de
l'agriculture raisonnée", autants d'étiquettes qui ne
renseignent pas sur la qualité du produit.
Le cas particulier des grandes
surfaces commerciales
On pourrait écrire un livre sur les nuisances causées par
le développement des hypermarchés,
phénomène qui en Europe est propre à la France (en
contaminant l'Espagne depuis quelques années), et dont je
souhaite vivement la disparition totale
à la plus brève échéance possible.
On connait leur effet sur l'économie en général
(étrangler les producteurs et les pousser à produire la
qualité la plus basse; vendre les produits, en moyenne, à
un prix élevé à cause de leur situation de
monopole, de leurs importants bénéfices, de la
complexité de leurs circuits commerciaux, ...et de la
publicité). On connait leur contribution à la destruction
de l'environnement urbain (villes désertifiées, banlieues
dortoirs sans aucune vie sociale). On connait leurs conséquences
sur l'environnement (magasins conçus pour la voiture et
générant d'importants trafics, emballages trop nombreux
avec la suppression des produits en vrac, transport des marchandises
d'un bout à l'autre de l'Europe, dissémination de sacs en
plastiques, enlaidissement du paysage).
Mais la grande distribution joue un rôle très particulier
concernant la publicité, et ne pourrait pas vivre sans la
publicité. Pour preuve, le kilo de pub distribués chaque
semaine dans chaque boîte aux lettres, sans compter la radio, la
télé, les journaux, l'affichage... Tentons de comprendre
pourquoi la publicité est aussi inséparable de la grande
distribution.
- une raison géographique: alors que le principal avantage
d'un commerce de proximité est... la proximité, ce n'est
en général pas le cas des hypermarchés (hors
quelques cas de clientèle quasiment captive, comme par exemple
les cités dortoirs de luxe que sont
Saint-Clément-de-Rivière ou Saint-Gély-du-Fesc, au
nord de Montpellier, pour l'hypermarché Carrefour-Trifontaine).
Alors il faut aller chercher les clients chez eux pour les pousser
à faire 10 km de voiture (ou plus) pour aller dans
l'hypermarché. Et alors que passer par l'épicerie du coin
en rentrant chez soi est un acte anodin, choisir de passer par
l'hypermarché est une décision lourde, qui impose un
détour important et représente une perte de temps
comprise
entre 30 minutes et une heure (à vue de nez).
- une raison plus commerciale: la grande surface ne propose aucun
service à ses clients, et les produits distribués sont
très standardisés (pour plusieurs raisons: il faut que le
marché soit important, il faut que le produit se conserve
longtemps à cause du système de distribution, et surtout
l'hypermarché veut négocier avec des producteurs capables
de fournir toute l'Europe, acceptant d'être payés avec 3
mois de retard, et garantissant l'approvisionnement sur des longues
durées compatibles avec l'édition des livrets
publicitaires imprimés à des millions d'exemplaires: tout
ceci exclut l'artisan local). Quel avantage pour le consommateur
à se voir proposer 20 marques de beurre industriel (plus 10
marques de beurre allégé et 10 marques d'ersatz) alors
que
la crèmerie du coin propose au même prix le beurre
artisanal fabriqué localement? Tout simplement le consommateur
est sûr de trouver dans l'hypermarché la marque dont il a
vu la publicité à la télé.
- dit autrement: l'hypermarché ne distribue que les marques
qui ont une grande "notoriété", c'est-à-dire
celles
qui ont fait beaucoup de pub. L'hypermarché arrive ainsi
à
faire croire qu'"on trouve de tout" car aucune marque connue ne manque,
et fait en plus payer les marques pour assurer la promotion des
produits dans les magasins (système dit des "marges
arrières").
- une raison plus humaine: l'acheteur en hypermarché est en
situation stressante (bruit, fatigue...) et ne sait pas quel produit
choisir parmi les 20 marques pratiquement identiques. Son principal
critère est donc le fait d'avoir "entendu parlé" d'une
marque, ce qui signifie le plus souvent d'avoir vu un grand nombre de
pubs pour cette marque. La situation est différente dans une
superrette, qui ne distribue en général qu'une marque
industrielle pour chaque produit: là, c'est le gérant, ou
bien la centrale d'achat, qui choisit la marque, et il s'agit d'un
professionnel qui va comparer le prix et la qualité pour se
prononcer, tandis que le client n'a pas de question à se poser.
Pire encore dans un commerce indépendant, où le
commerçant va lui-même sélectionner le meilleur
choix pour son client, y compris en faisant appel aux producteurs
locaux, ou en vendant des produits en vrac (ce qui court-circuite le
système des marques): là où l'hyper vend du riz ou
du couscous "de la marque machin", le détaillant vend simplement
du "riz
étuvé" ou du "couscous moyen" à tel prix et de
telle
origine.
Elle réduit la liberté
Quand une activité est financée par la publicité,
il est évident qu'elle ne peut plus aller contre l'avis de ses
annonceurs. Le problème le plus crucial concerne bien sûr
les médias: un magasine publiant des réclames de Danone
ne
parlera pas des pratiques commerciales dictatoriales de cette
entreprise, pas plus qu'un journal local vivant des annonces
légales de la mairie ne pourra contester ouvertement
l'équipe municipale. A mon vis, aucun journal ne devait avoir de
publicité: seule la publicité dans un domaine ne
concernant pas l'objet du journal pourrait être acceptable (comme
une réclame pour des ordinateurs dans une revue de moto), mais
ce
n'est bien sûr jamais le cas. Et dans certains cas des annonces
sont utiles dans la presse spécialisée (exemple: annonce
des nouveautés des fabricants de composants dans une revue
d'électronique), mais la perte de liberté est bien
réelle: pourquoi les magazines d'informatique critiquent-ils si
rarement Microsoft?
Concernant les journaux, il reste clair qu'au-delà de la
publicité, les entreprises ont un moyen encore plus radical de
contrôler les journaux: tout simplement en les achetant. C'est
ainsi que la quasi-totalité de la presse française (y
compris les télés privées) est
contrôlée par les vendeurs d'eau (Vivendi "compagnie
générale des eaux", la Lyonnaise des eaux), les
bétonneurs corrupteurs de la vie politique (Bouygues), et les
marchands de canons (Lagardère "Matra-Hachette"... alors qu'on
sait bien que ce phénomène fut largement à
l'origine de la guerre de 1914-18).
On peut aussi constater que l'omniprésence de la
publicité rend plus difficile d'autres types de communication.
Par exemple, faire un joli dessin sur son mur extérieur semblera
condamnable à certains qui n'auraient pas été
surpris par une pub (alors que c'est a priori permis). Le militantisme
direct auprès de la population devient difficile tellement les
gens ont pris l'habitude d'éviter les démarcheurs
publicitaires. Et certains vous feront même des reproches si vous
faites campagne dans la rue pour un candidat à une
élection alors que la campagne électorale est à la
base de tout système publicitaire: oui, mais les publicitaires
ont cherché à convaincre les gens que c'est la pub qui
représente la liberté, par opposition au contact direct
entre êtres humains.
Considérations
générales
On peut séparer les actions possibles en plusieurs
catégories (chacune pouvant rentrer dans plusieurs
catégories à la fois). Chacun choisira ce qui
l'intéresse en fonction de ses convictions propres, et je les
classerai avec des étiquettes:
- [TRANQUILLITÉ] : Actions visant à ne pas
être embêté par la pub, sans aucune connotation
militante (et même parfois en aidant les publicistes): il y en a
beaucoup, plus ou moins efficaces, comme l'inscription sur la liste
orange pour ne pas recevoir d'appels téléphoniques
publicitaires, l'installation d'une poubelle à côté
de sa boîte aux lettres pour ne pas avoir à ramener la
propagande à la maison, l'inscription à la liste «
Stop pub » du syndicat national de la vente directe, la coupure
du
son de la télé pendant les coupures de pub...
- [RÉSISTANCE PASSIVE] : Actions visant à ne
pas aider les annonceurs: ne pas lire les pubs, interdire à
toute
entreprise de revendre ses coordonnées (en général
cette option est gratuite), ne jamais remplir des questionnaires
adressés par les entreprises d'enquête sur les goûts
des consommateurs (ou du moins sur les vôtres).
- [RÉSISTANCE ACTIVE] : Actions visant à nuire
aux publicitaires. C'est sans doute contraire aux traditions
françaises, où l'on pense que la seule action qu'un
citoyen peut faire est le vote aux élections nationales pour en
fin de compte faire voter de nouvelles lois. On me dira «T'as
qu'à faire de la politique», mais je prétends que
chacun peut agir à son niveau sur n'importe quel sujet le
concernant ou l'intéressant, indépendamment de son action
politique éventuelle. Donc ça peut être de renvoyer
les enveloppes « T » payées par le destinataire
à ceux qui envoient de la pub, ou de boycotter les commerces qui
font trop de publicité. Le boycott individuel est peu efficace:
il l'est par contre quand il est décidé collectivement
(c'est alors un boycott, considéré par beaucoup de
responsables français comme une méthode innommable).
Dans la suite, je vais classer les actions possibles en fonction du
type de support publicitaire, à chacun de voir si les
conséquences sont celles qu'il souhaite. J'indique
également, dans la mesure du possible, le degré
d'efficacité.
Actions valables pour tout type de
publicité
- [RÉSISTANCE PASSIVE] Au niveau individuel, si on
n'aime pas la pub, le plus logique est de boycotter ceux qui font de la
pub massive (je ne parle pas de l'activité qui vient de
démarrer et qui cherche à se faire connaître).
C'est
une action très bénéfique pour son budget, car la
pub n'est pas gratuite pour celui qui la fait, et c'est au final le
client qui paye la note. De plus, si ceci revient à
éviter
les grandes surfaces et à faire les courses dans son quartier:
pratique bénéfique contre les sociétés
monopolistiques et qui contribue à réduire la pollution
automobile!
- [RÉSISTANCE ACTIVE]
Le boycott organisé de marques ou de magasins qui font trop de
pub: le succès de divers colas concurrents au Coca montre que
tout est possible, surtant quand le produit peu connu est meilleur tout
en coûtant 2 à 3 fois moins cher (le cas des sodas de
marque est très spécial car le prix de revient est
négligeable par rapport au prix de ventre, tandis que le budget
publicitaire est énorme). Certes, dans cet exemple, il
s'agissait
surtout d'un réflexe nationaliste (contre les USA et leur
comportement colonial), mais pourquoi ne pas le transposer à
d'autres situations?
Le boycott est une arme terriblement efficace, utilisé par des
consommateurs et des militants de tous les pays, mais jamais
pratiqué en France. Pour certains, ce serait même
illégal. Sans être juriste, j'en doute fort, car si un
commerçant a le droit de conseiller d'acheter ses produits,
pourquoi un client ne pourrait pas recommander à ses amis de ne
pas l'acheter? Attention: si vous vous exprimez sur la place publique,
tout doit être parfaitement exact et démontrable, sinon il
s'agit de diffamation, qui est condamnable. Il est également
interdit de bloquer l'accès à un magasin car cela
réduit la liberté des autres personnes (mais bien
sûr les manifestations jonglent souvent avec la
légalité: si on bloque un magasin, mais
momentanément, et pour une bonne raison, avec en plus quelques
soutiens, ça marche: les agriculteurs ont fait pire que cela
pour
protester contre les marges exorbitantes prises par la grande
distribution sur la viande et les fruits et légumes).
Il est d'ailleurs frappant de voir que les militants français du
"commerce équitable", qui souligne l'exploitation d'ouvriers
pauvres par Nike (chaussures de sport), n'ont jamais envisagé le
boycott des entreprises dont le comportement est moralement
condamnable.
Tandis que les militants de Greenpeace (écologistes d'origine
canadienne) n'hésitent pas, eux, à utiliser des actions
qui dépassent le cadre très français de l'action
symbolique, pour être réellement efficaces au point de
nuire aux entreprises fautives.
- [TRANQUILLITÉ] [INEFFICACE] Face à la
publicité, le réflexe est de se couper du monde:
détourner son regard de l'écran de télé,
des
affiches (dans le métro parisien, ceci revient à baisser
les yeux car le sol n'est pas encore atteint), ne pas écouter
les
réclames à la radio (difficile!)... Tout ceci est un
réflexe de survie, mais c'est inefficace à terme car les
pubs sont de plus en plus intrusives, et en outre comme cela reste au
niveau purement individuel il n'y a pas grand espoir à en
attendre. Surtout, n'oubliez pas les conséquences
néfastes: des citadins au regard vide, et globalement des gens
qui se renferment sur eux-mêmes. Ce n'est pas une solution!
Actions en fonction du type de support
La publicité distribuée dans
toutes les boîtes aux lettres
Ce sont principalement des réclames des grandes surfaces de la
région, et le volume est souvent énorme. Je ne connais
pas
de manière efficace de s'en débarrasser, et il y a des
méthodes qui sont même totalement inefficaces, par
exemple:
- [RÉSISTANCE PASSIVE] [INEFFICACE] Fermer le
local
des boîtes aux lettres (dans un immeuble) par un interphone et
une
clé spéciale « facteur »: inefficace car les
distributeurs ont toujours une copie (sauvage) de la clé «
facteur ». Pire, une grande partie est distribuée par le
facteur de la poste lui-même. De plus, si le distributeur sonne
à tous les boutons, la gêne est augmentée et
quelqu'un finit bien par ouvrir. En plus, ceci empêche vos amis
de
vous glisser une lettre sans payer de timbre!
Voici donc ce que je peux proposer:
- [TRANQUILLITÉ] mettre un autocollant « Pas
de pub, SVP »: peu efficace, car les employés sont
payés (à très bas prix) pour remplir toutes les
boîtes, ce qui est éventuellement vérifié
par
l'employeur. Mise à jour 2005: en 2000, j'avais
classé cela comme "innefficace", mais l'efficacité est
aujourd'hui loin d'être négligeable, le volume de pub
diminue énormément si on met cette étiquette. Les
distributeurs de pub se vengent en refusant également de
distribuer des documents gratuits non publicitaires (journaux de
petites annonces, bulletins des collectivités locales...). Un
procès de l'association "Résistance à l'Agression
Publicitaire" a établi que l'utilisation d'une clé
"facteur" pour distribuer des pubs est une violation de domicile,
même si le plaignant est locataire et non propriétaire
(Cour d'appel de Versailles, chambre n°8, arrêt n°540 du
7 mai 2002), ce qui a de quoi faire réfléchir les
annonceurs, et plus encore les distributeurs sous-payés car il a
été jugé que le salarié était
personnellement fautif! Ne pas hésiter à mentionner cet
arrêt sur votre boîte aux lettres, ça peut les faire
réfléchir.
- [TRANQUILLITÉ] [EFFICACE!] installer une
poubelle
à papiers (avec l'inscription "pub", par exemple) à
côté de la boîte aux lettres: on a alors besoin d'un
simple geste pour se débarrasser de tous ces papiers. Dans un
immeuble, la dite poubelle peut être vidée (au papier
à recycler) par la personne
s'occupant de l'entretien des parties communes. La gêne est alors
réduite au minimum, et l'effet de la pub est réduit
à néant.
- [RÉSISTANCE ACTIVE] Remettre un paquet de pubs
à l'expéditeur: en particulier dans la boîte de la
poste si c'est le facteur qui les a apportées (joindre un
message
explicatif, et attendez-vous à une réaction
méchante). La Poste vous expliquera qu'ils se sont
engagés
à distribuer la pub dans toutes les boîtes et qu'ils ne
peuvent donc rien faire. À vous de leur expliquer que vous ne
permettez l'accès du facteur à votre boîte que dans
le cadre du service public du courrier, et que le contrat qu'ils ont
signé est illégal et donc non valable.
- [RÉSISTANCE ACTIVE] L'action judiciaire, en
s'appuyant sur l'arrêt de "Résistance à l'Agression
Publicitaire" cité plus haut. Ou alors, une évolution
politique qui n'est pas impossible: on parle d'une loi obligeant les
distributeurs à financer
l'élimination de leurs prospectus, et le ministère de
l'environnement a même édité des autocollants
antipub en 2004 (hélas illisibles et mal diffusés, mais
sinon bien conçus: ils interdisent la pub mais autorisent les
bulletins municipaux et autres). Dans certains pays (Hollande
par exemple), il existe des étiquettes officielles que l'on
colle
sur sa boîte et qui disent clairement qui a le droit de
distribuer des prospectus. On pourrait aussi penser de l'interdire pour
des entreprises faisant plus d'un certain chiffre d'affaire, de la
limiter à une distribution par an,... Je ne suis personnellement
pas favorable à son interdiction totale, car pour un petit
commerçant s'installant dans un quartier, ou un parti politique
distribuant sa propagande par le biais de ses militants, la
publicité en boîte aux lettres me semble utile.
La publicité adressée par
courrier
Là encore, on reçoit de la publicité dans la
boîte aux lettres, mais adressée à son nom. La
gêne est supérieure, car on perd plus de temps avant de
comprendre qu'il s'agit d'une publicité inutile, mais on en
reçoit quand même moins car cela revient bien plus cher
que
la publicité non adressée (malgré les tarifs
promotionnels de la poste pour les gros volumes). On peut y faire pas
mal de choses, en fonction de l'origine de la pub:
- [TRANQUILLITÉ] jeter la lettre dès qu'on
voit que c'est de la pub, éventuellement sans l'ouvrir (rien de
plus pénible que les enveloppes blanches, sans adresse ni aucune
autre indication, qui poussent à prendre le temps de l'ouvrir
pour découvrir une pub).
- [RÉSISTANCE PASSIVE] réduire à la
source: comment l'expéditeur a-t-il eu votre adresse? En
général, à chaque fois que vous laissez vos
coordonnées quelque part, vous avez le moyen, gratuitement,
d'interdire toute utilisation commerciale de l'adresse. Dans de
nombreux
cas, l'entreprise susceptible de revendre votre adresse fournit un
formulaire dans lequel une mention minuscule indique que vous
l'autorisez à revendre votre adresse, sauf si vous avez cocher
une case: cochez donc cette case. C'est par exemple le cas lors des
changements d'adresse (à la poste): cochez la case, sinon la
publicité que vous receviez à l'ancienne adresse vous
suivra, accompagnée de nouvelles pubs.
- [RÉSISTANCE PASSIVE] Dans le cas de France
Télécom, cette possibilité est (de façon
certainement illégale) cachée au public: il faut demander
l'inscription à la « liste orange »: c'est gratuit,
et vous restez incrits dans les annuaires, mais France
Télécom ne vendra plus votre adresse. J'y reviendrai
à propos du téléphone.
D'une manière générale, indiquez
systématiquement, même si ce n'est pas proposé,
lorsque vous indiquez votre adresse à n'importe quel entreprise
ou organisme, que vous refusez que vos coordonnées soient
vendues
ou cédées à des tiers sauf nécessité
absolue pour les besoins du service demandé (exemple: une
société de vente par correspondance peut donner votre
adresse au livreur, mais pas la vendre à une autre entreprise
commerciale).
- [RÉSISTANCE ACTIVE] Si vous savez que c'est une
publicité avant d'ouvrir l'enveloppe, vous pouvez la renvoyer en
écrivant « refusé, retour à l'envoyeur
». Ce sera un surcoût dont j'ignore comment il sera
réparti entre La Poste et l'expéditeur, mais dans le cas
des envois en nombres, affranchis à très bas prix, La
Poste est tout aussi responsable que l'expéditeur
lui-même.
Cette méthode risque également de décourager
l'expéditeur de continuer à vous envoyer de la pub.
- [RÉSISTANCE ACTIVE] Si vous avez ouvert la
lettre, vous verrez souvent dedans une enveloppe « T »,
à ne pas affranchir, le port étant payé par
l'expéditeur. Vous pouvez donc la poster, pour faire payer le
prix d'un timbre à l'expéditeur (sans réduction
pour envoi en nombre, cette fois-ci). Deux possibilités: soit
vous renvoyez votre adresse, pour être définitivement
rayé des listes, soit vous ne la renvoyez pas (juste l'enveloppe
vide, ou bien un bout de la pub, éventuellement avec un message
d'injure rajouté dessus), dans le but cette fois-ci de nuire
à l'efficacité de l'ensemble de la campagne de
publicitaire: dans un cas vous vous protégez de la pub, dans
l'autre vous luttez contre la pub.
- [RÉSISTANCE PASSIVE] Dans certains cas, vous
pouvez trouver excessive la pub faite par un organisme « ami
», par exemple une organisation caritative que vous
appréciez et financez cependant. N'hésitez par le leur
signaler (si possible grâce à leur enveloppe « T
»), pour les encourager à réduire leur flot de pub
et donc faire des économies. Bien souvent, ils peuvent vous
proposer de ne vous envoyer pas plus d'un courrier par an, pour le bien
de tous.
- [RÉSISTANCE ACTIVE] Enfin, il reste les actions
légales: un fichier nominatif doit être obtenu de
façon légale (il est par exemple interdit de recopier les
adresses dans l'annuaire téléphonique pour envoyer de la
publicité). Vous pouvez donc (sans garantie) tenter de harceler
l'expéditeur jusqu'à connaître le moyen par lequel
il a eu votre adresse et prendre les mesures adéquates. Dans le
cas d'un abus, la logique est d'en informer la CNIL (commission
nationale informatique et liberté), qui ne fera certainement
rien, ou bien porter plainte contre l'expéditeur ou celui qui a
cédé votre adresse illégalement. Vue la
difficulté de trouver des preuves, vous avez
intérêt
à savoir vraiment bien ce que vous faîtes.
- [RÉSISTANCE PASSIVE] Le boycott, comme toujours:
si l'entreprise dépense autant en frais postaux, son rapport
qualité/prix ne peut être que mauvais. D'autant qu'acheter
du vin par correspondance, je ne vous le conseille pas...
La publicité par
téléphone ou par fax
[RÉSISTANCE PASSIVE] C'est sans doute la forme de
publicité la plus gênante, mais c'est également la
plus facile à éviter. En effet, il y a des protections
légales: une société de vente par
téléphone ne peut pas appeler au hasard les
numéros
de l'annuaire, ni composer des numéros au hasard, pour la bonne
raison que certains ne souhaitent pas recevoir ses appels, et qu'elle a
donc l'obligation légale de le vérifier.
Concrètement, pour France Télécom, il suffit de
demander gratuitement
l'inscription à la « liste orange » (pour le
téléphone), ou à la « liste safran »
(pour le fax), afin d'être exclu de toutes les listes fournies
par
France Télécom (sauf l'annuaire, qui ne doit pas
être utilisé pour les appels publicitaires). On ne peut
que
regretter le peu d'enthousiasme de France Télécom
à
faire connaître cette possibilité à tout un chacun,
mais la raison en est claire! C'est très rapide et très
simple, soit en le demandant lors de l'abonnement, soit par simple
appel gratuit à l'agence commerciale (le 10 14 pour un
particulier).
Concrètement, les entreprises souhaitant faire de la vente
par téléphone ou par fax devront acheter des listes
à France Télécom, listes qui sont expurgées
des numéros en liste orange.
Pour les autres opérateurs, il y a forcément la
possibilité de les interdire également de vendre votre
numéro de téléphone: en général, il
s'agit tout simplement d'une case à cocher sur le formulaire
d'inscription, ou bien d'une demande à faire
ultérieurement.
Avantage: si malgré tout vous recevez un appel publicitaire
(ce qui sera extrêmement rare, selon mon expérience), vous
saurez que c'est illégal, et vous pourrez questionner
l'interlocuteur sur la provenance de votre numéro de
téléphone. En général, votre interlocuteur
(une jeune femme mal payée, et astreinte à lire un texte
très long sans pouvoir changer un mot, tout en réagissant
à vos réponses selon un manuel qui ne laisse aucune
liberté) vous dira appartenir à une entreprise qui
n'existe pas en réalité. Autre possibilité:
l'offre
est elle-même une escroquerie (exemple: vous avez gagné
des
vacances en Espagne... mais elles vous coûteront cher si vous
acceptez!).
N'oubliez pas cependant qu'une entreprise a pu avoir votre
numéro par un autre moyen: ne laissez donc pas votre
numéro lorsque ce n'est pas nécessaire, et si vous le
laissez à une entreprise, interdisez-lui de le revendre (comme
pour la publicité adressée par courrier). Et sachez qu'en
cas de harcèlement téléphonique, la loi vous
protège efficacement. Le numéro de votre interlocuteur
est
toujours enregistré dans le central téléphonique,
donc la police peut le retrouver. Mais ceci concerne habituellement
plus
des affaires de moeurs que des questions de publicité.
Mise à jour 2006: le harcèlement publicitaire par
téléphone augmente actuellement très fortement.
Une raison probable à cela: avec les systèmes de "voix
sur IP" (Freebox et similaires), le coût des appels
téléphoniques devient négligeable. C'est assez
préoccupant.
[RÉSISTANCE ACTIVE] Si jamais vous recevez un appel
publicitaire, le plus simple est de raccrocher immédiatement:
vous ne perdez pas de temps. Au contraire, vous pouvez tenter de faire
perdre du temps à votre interlocuteur, voire à lui donner
des fausses informations pour lui faire perdre de l'argent, mais alors
vous perdez aussi votre temps. Un compromis: posez le combiné,
et
revenez quelques minutes plus tard pour raccrocher le
téléphone. L'appelant étant programmé pour
faire son (long) discours avant de demander votre avis, il lui faudra
pas mal de temps avant de détecter votre absence. De plus,
l'impression de parler dans le vide est particulièrement
pénible!
[RÉSISTANCE ACTIVE] demandez immédiatement
à votre interlocuteur les coordonnées exactes (nom,
adresse, téléphone, K-bis) de la société de
démarchage téléphonique dont il est
salarié. Si vous êtes sur liste orange, ils savent
parfaitement que leur appel est illégal, et donc ils partent en
courant. Aucun ne m'a encore répondu quand j'ai posé
cette question pourtant très simple!
La publicité par courrier
électronique
C'est relativement récent, mais lorsque vous possédez une
adresse électronique, vous recevez en général de
la
publicité, le plus souvent en anglais, d'entreprises que vous ne
connaissez pas. C'est gênant car ça fait perdre du temps,
et même de l'argent lorsque l'on paye sa propre connexion
informatique par téléphone. Cette forme de
publicité s'appelle le « spam » dans le jargon des
internautes, et elle a pris une ampleur énorme, au point
d'émouvoir les pouvoirs publics, en particulier la CNIL. Le
phénomène s'est récemment multiplié de
façon vertigineuse par l'alliance entre les auteurs de virus
informatiques visant le système Windows (et surtout les
logiciels Outlook Express et Internet Explorer) et les publicitaires
par e-mail. L'ampleur du phénomène amène à
douter de la viabilité du courrier électronique d'ici
à quelques années. On peut voir plusieurs formes de
protection:
- [RÉSISTANCE PASSIVE] la prévention:
éviter
de laisser son adresse inutilement. En
général, les messages sont envoyés par des
programmes, dits « robots », de façon totalement
aveugle. Vous recevrez à coup sûr de la publicité
si
vous possédez une page web avec votre adresse, ou si envoyez des
messages dans les groupes de discussions, les « news ». Une
méthode assez efficace est de n'indiquer votre adresse que sous
une forme codée. Si votre adresse est vous@fournisseur.fr, vous
pouvez par exemple indiquer « écrivez-moi à
vous@fournisseurblabla.fr, sans le blabla », pour permettre aux
humains de vous répondre, mais pas aux machines automatiques.
C'est particulièrement utile si vous utilisez les « news
», car vous serez sinon inondé de publicité. Au
passage, préférez "vous@fournisseurblabla.fr" à
"vousblabla@fournisseur.fr", car dans le second car votre fournisseur
va
recevoir la pub, ce qui va encombrer inutilement ses serveurs alors
qu'il
n'a rien fait de mal.
- [RÉSISTANCE PASSIVE] [INDISPENSABLE] les leurres:
créez
une adresse gratuite chez un fournisseur quelconque (le
vôtre, ou un autre), et utilisez cette seconde adresse pour tout
ce qui risque de générer une publicité
gênante: inscription à un site de recherche d'emploi,
envoi
de messages sur les « news »,... Lorsque vous recevrez trop
de pub sur cette adresse, supprimez-la et créez-en une autre,
après avoir pris soin de vérifier que vous n'allez plus
rien y recevoir d'intéressant. Vos correspondants humains, eux,
ont votre vraie adresse
- [TRANQUILLITÉ] les filtres: il existe
des
programmes pour cela, et même les programmes utilisés
habituellement pour lire le courrier (comme Netscape/Mozilla) le
permettent:
vous pouvez mettre automatiquement à la poubelle ou dans un
dossier séparé les messages de « spam »,
soient parce que l'expéditeur est sur une liste noire, soit
parce
que le titre est tout en majuscules et contient des expressions comme
« FREE SEX » ou « EASY MONEY!!! ». Certains
gros
sites informatiques ont ce genre de filtres pour éviter de
distribuer ce genre de messages, mais individuellement, c'est difficile
à faire. Si vous êtes connectés par modem, vous
préférerez utiliser un logiciel qui arrive à
détecter le spam sans télécharger
entièrement les messages. Les dernières versions de
Mozilla (1.5 à ce jour), le successeur de Netscape, a une
fonction extrêmement efficace pour reconnaître les spams
("Junk mail control"). De plus en plus de fournisseurs d'accès
proposent également ce type de filtres, pour eux c'est une
question de vie ou de mort: 40% des mails seraient, parait-il, des
spams!
- [RÉSISTANCE ACTIVE] la répression:
le spam est interdit par la charte d'utilisation d'internet. Il est
souvent possible, en analysant attentivement les entêtes du
message, d'identifier le fournisseur d'accès de
l'expéditeur, et de lui demander de faire cesser les nuisances
en
supprimant l'accès du fautif (le fournisseur d'accès est
responsable lui aussi). Parfois, le message a transité par un
site dont les ordinateurs ont été utilisés
sauvagement par l'expéditeur, à l'insu du responsable du
site de transit: il faut donc en informer le responsable et lui
demander
de configurer ses serveurs pour rendre ces abus impossibles
(lui-même y a intérêt). Ces méthodes
demandent
toutes quelques connaissances du réseau internet, mais je
n'apporterai pas les détails techniques, une recherche sur
internet vous donnera des informations bien plus précises que ce
que je pourrais dire. Aujourd'hui, le spam expédié par
virus rend ceci encore plus difficile: le message part d'un PC
contaminé par un virus, et non du vrai responsable du message.
Et les coupables sont en général à des endroits
où votre justice ne les touchera pas (en général
aux USA: laissez donc les internautes américains s'en charger,
ils souffrent encore plus du problème que vous!).
Remarquez un cas particulier: sur le réseau Usenet ("les
news"), les groupes français ont une politique stricte
d'élimination de la publicité, basée
principalement
sur un robot qui détecte les messages publicitaires et les
élimine. Ceci est d'une efficacité remarquable, surtout
si
l'on compare à la situation d'autres groupes de discussion,
inondés de publicité et donc désertés par
les internautes voulant discuter sérieusement.
- [RÉSISTANCE PASSIVE]
Un problème spécifique concerne les auteurs de sites web,
qui veulent en général permettre aux internautes de les
contacter. Typiquement, je vais mettre "donnez-moi votre avis: nom@site.fr", le code source
étant "<a href =
"mailto:nom@site.fr"> nom@site.fr </a>". Or les
spammeurs utilisent massivement les champs "mailto:" des adresses de
contact de sites web. Diverses parades existent, en voici quelques unes:
- utiliser un code PHP pour envoyer un mail depuis un formulaire
sur la page web, sans que l'internaute ne connaissent l'adresse.
Avantage: l'adresse n'est pas diffusée. Inconvénients:
tous les serveurs n'autorisent pas les mails via PHP, et pour
l'internaute c'est peu pratique car il doit toujours passer par la page
web. Ce type de solution est courant sur les gros sites, et fonctionne
d'ailleurs sur free.fr.
- la solution que j'utilise: remplacer le lien vers un "mailto:"
par un simple soulignement avec la bonne couleur: au lieu de cliquer
sur
l'adresse, il faut recopier cette adresse vers un logiciel d'e-mail. De
plus, je mets le "@" en italique pour que l'adresse n'apparaisse pas en
clair dans le code source. Ça donne ceci: "donnez-moi votre
avis: nom@site.fr", avec ce code
source si vous le faites avec Netscape 6: "<span style="text-decoration:
underline; color: rgb(51, 51, 255);">nom<span
style="font-style:
italic;">@</span>site.fr</span>" ou celui-ci
à la mode de Netscape 4: "<u><font
color="#3333FF">
nom<i>@</i>site.fr</font></u>".
Avantage: très simple (avec un éditeur HTML) et peu
contraignant pour l'internaute. Inconvénient: si tout le monde
fait ça, les spammeurs n'auront aucun mal à trouver une
parade. Actuellement, ça marche très bien.
- une solution efficace proposée par la CNIL: l'adresse
est stockée sous une forme codée, qui est
décodée pendant l'affichage par un petit programme
Javascript. Avantage: excellente efficacité, et on peut
même cliquer directement sur l'adresse. Inconvénient: une
certaine complexité la première fois qu'on utilise un tel
système (ensuite, il suffit de recopier!), et ça exige
Javascript (tous les navigateurs l'ont, mais quelques internautes
peuvent le désactiver, notamment pour lutter contre la pub...).
- inconvénient de tous ces systèmes: si
l'internaute arrive à envoyer des messages facilement, un robot
devrait lui aussi y arriver. Le robot peut lui aussi utiliser
Javascript par exemple. En réalité, toute solution
utilisée à grande échelle sera inefficace à
terme.
- une solution ultra-simple et ultra-efficace: l'adresse e-mail
est indiquée sous la forme d'une image, si possible sous une
forme difficile à reconnaître par un logiciel de
reconnaissance de caractères (exemple: écriture
manuscrite scannée); mieux encore: ce cette image ait un nom de
contenant pas le mot "mail", par exemple "bidon.png"
Conclusion: il va certainement falloir à court terme que les
protocoles pour le courrier électronique évoluent pour
permettre d'identifier de façon fiable l'auteur des messages et
à créer des listes noires efficaces. Le seuil
écueil à éviter est de rendre les protocoles
dépendants d'un système propriétaire
(concrètement, qui exige pour chaque création d'adresse
le paiement d'une cotisation à Microsoft, par exemple). Une
solution intéressante pourrait être basée sur une
clé publique disponible sur le serveur de nom de domaine (DNS)
du domaine correspondant à l'adresse que l'on prétend
utiliser.
Les pubs dans la presse écrite
La publicité est la principale source de revenus de la plupart
des journaux. Certains en ont tellement qu'ils peuvent même
être distribués gratuitement: au moins, c'est
honnête,
d'ailleurs "20 minutes" (à Paris, Marseille, Madrid, et d'autres
villes étrangères) semble avoir plus de succès que
"France-Soir"! Dans le cas des journaux gratuits de petites annonces,
l'avantage est que le journal ne contenant aucune information, il n'y a
pas d'interférences entre la pub et le contenu du journal: il
n'y
a pas autre chose. Ainsi, ces journaux remplissent efficacement une
mission utile: permettre à chacun de vendre une voiture ou une
armoire, de trouver une maison, une épouse, ou un chien, etc...
Le problème existe pour les journaux « normaux »,
que l'on achète pour leurs articles, soit d'information
générale, soit dans un domaine spécialisé
(hobby ou professionnel), ou encore les journaux d'opinion. En effet,
outre l'ennui de chercher les articles parmi la publicité, le
contenu est adultéré pour ne pas froissé les
annonceurs. Je mets un peu à part la question de certains
journaux spécialisés que l'on peut acheter entre autres
pour avoir des publicités (pour connaître les
nouveautés des fabricants), et où l'on ne réclame
donc pas une grande objectivité du journal, mais ce cas est
très rare.
Le comble de la déchéance est atteint par diverses
pratiques, comme le « publi-reportable »: une
publicité sur plusieurs pages est publiée avec la
présentation exacte d'un article habituel, avec une simple
mention « publi-reportable » en minuscule dans un coin de
la
page, tellement discret que ça frôle
l'illégalité. Ce genre de pratiques appelle, selon moi,
une lettre de demande d'explications au directeur du journal. Dans le
même genre, des petites publicités
présentées
comme des articles et surmontées d'un simple mot: «
(publicité) » ou « (communiqué) ». Le
cas extrême est représenté par des revues
féminines, où les articles sont présentées
comme des publicités, et au milieu de publicités. Si
ayant
été attiré par un titre de la couverture, vous
arrivez au bout de la revue sans avoir remarqué l'article
correspondant, la revue en question ne mérite certainement pas
mieux que la poubelle. Il est par exemple impossible de lire "20 Ans"
d'un bout à l'autre, par contre si on garde un doigt sur le
sommaire on fait rapidement le tour des quelques articles
intéressants sans passer par les publicités. Et si le
journal est allé jusqu'à supprimer les numéros de
pages? Eh bien direction poubelle!
Lorsqu'on lit un journal, il faut savoir pour qui il a
été écrit. La présence d'une grande
publicité sur toute la dernière page de couverture, ou
sur
toutes les pages de droite (considérées comme « la
belle page » par les publicitaires français, car c'est
celle qu'on voit en premier en tournant la page), indique que le
journal
est écrit pour ses annonceurs plus que pour ses lecteurs. Dans
un
journal local, regardez par qui sont insérées les «
annonces légales et obligatoires », genre de petites
annonces d'appels d'offre ou autres, qui sont facturées
très cher par les journaux, et vous saurez à quel pouvoir
est inféodé le journal (exemple: la Gazette de
Montpellier
est totalement inféodée à la mairie de
Montpellier et à Frêche, tandis que le Midi-Libre
reçoit de l'argent de
toute
une liste de collectivités, qui évoluent d'ailleurs en
fonction des articles qui ont pu fâcher des élus). Si un
journal a été écrit pour les annonceurs, pourquoi
l'avoir acheté?
Au passage, ne pas oublier qu'un média dépend d'abord
de son propriétaire, indépendamment de la
publicité. C'est hors sujet, mais à rappeler car les
médias français dépendent en majorité de
groupes industriels (compagnies des eaux comme
Vivendi/Générale des Eaux, compagnies de travaux publics
comme Bouygues, marchands d'armes comme
Largardère/Matra-Hachette ou Dassaut), et qui ont de multiples
intérêts à posséder des médias car
ils
tirent le plus gros de leurs revenus de marchés publics: soit le
journal va leur permettre de se présenter sous un jour favorable
(l'Express ne va jamais parler des magouilles de Vivendi, ni TF1 de
celles de Bouygues), de vanter l'utilité de leurs
réalisations (TF1 peut parler de la nécessité de
construire des autoroutes et faire des reportages sur l'île de
Ré, dont le pont à péage est concédé
à Bouygues), et de disposer d'un important moyen de pression sur
les hommes politiques, qui sont justement leurs donneurs d'ordre.
Exemple: le maire de Montpellier (à l'époque
G.Frêche) a raconté
comment Francis Bouygues l'appelait pour lui demander s'il avait choisi
le constructeur du palais des congrès (le Corum), et lui faisait
simultanément miroiter une entrevue au journal de TF1.
Finalement, le Corum a bien été construit par Bouygues
(grâce d'ailleurs à la vente du réseau de
distribution de l'eau à la CGE, devenue par la suite Vivendi,
qui
possède également le magazine l'Express qui fait
régulièrement des articles à la gloire de
Frêche).
Le seul moyen d'action est de bien choisir ses sources
d'information, et autant que possible de préférer les
journaux sans publicité et indépendants. Sans bien
sûr oublier que n'importe qui a le droit de publier un journal
(même sans carte de journaliste), et qu'une SARL de presse se
crée très facilement (avec un capital de 2000F contre
50000F pour les autres SARL). Alors, qui sait si le public ne serait
pas
preneur d'un nouveau journal, garanti indépendant et sans
publicité, quitte à le payer un peu plus cher pour moins
de pages, et à tolérer une présentation pas encore
parfaite.
J'avais d'ailleurs un projet de journal d'information
générale hebdomadaire dans la région de
Montpellier, et il se trouve qu'un tel journal (avec de la
publicité mais en très petite quantité et dans des
domaines ne nuisant pas à l'indépendance du journal) a
été lancé par d'autres personnes, au printemps
2002: il s'agit de "L'Agglo-Rieuse", merci à eux et meilleurs
voeux de succès. Mise à jour 2005: ce journal est encore
peu important, mais il semble aujourd'hui durablement installé,
et clairement sur la bonne pente. Il a été depuis
complèté par un mensuel sans la moindre publicité
et totalement indépendant, "L'Accroche", excellente source
d'informations.
La pub à la radio et à la
télé
Là encore, on peut choisir ce qu'on regarde ou ce qu'on
écoute. Sans doute existe-t-il dans votre région une ou
plusieurs radios associatives, sans publicité, et qui de plus
accepteraient avec plaisir votre aide. Pour une
télévision, c'est plus difficile, d'autant que le CSA,
autorité responsable en la matière, favorise le plus
souvent les grands projets.
De plus, si la publicité à la télé vous
est si pénible, ne serait-il pas plus simple d'éteindre
le
poste? Quant aux films, les petits cinémas ne sont pas
forcément si chers (par rapport à une télé,
mais aussi une parabole, un décodeur, des abonnements, la
redevance...), et s'il n'y a pas par chez vous, c'est peut-être
qu'il y aurait une demande: il y a actuellement un vrai engouement du
public pour le cinéma, peut-être aussi dû à
l'excès de coupures publicitaires à la
télé.
J'avoue être incapable de voir un film à la
télé jusqu'au bout, à cause de la pub, alors que
j'aime le cinéma.
Reste le cas où vous tenez à regarder une chaîne
commerciale ou à écouter une radio avec pub, comment
faire? Quelques idées:
- [TRANQUILLITÉ] [EFFICACE!] pour la
télé, il y a presque toujours un bouton sur la
télécommande pour couper le son. D'un seul coup,
ça
devient presque supportable, alors que les chaînes augmentent
toujours le volume sonore pendant les coupures de pub. Pour la radio,
on
peut mettre le volume au minimum, jusque assez fort pour
reconnaître le jingle qui signale la fin de la
publicité, mais reconnaissons que c'est pour la
télé que c'est le plus efficace.
- [TRANQUILLITÉ] Bien connu, c'est toujours le
moment de se lever (trop longtemps dans le fauteuil, vous allez vous
engourdir), et d'aller vaquer à vos occupations. De toute
façon, si ce qui suit la coupure est aussi important qu'ils le
prétendent, ce sera dit et répété, et vous
ne le manquerez pas. Ou alors vos collègues vous diront demain
qui a été éliminé dans la dernière
émission de télé-poubelle...
- [TRANQUILLITÉ] N'allumez la télé
que si vous savez à l'avance ce que vous allez regarder, et
éteignez la ensuite. Mieux, enregistrez l'émission de
télé ou de radio, et utilisez la commande «
défilement rapide » pour passer à grande vitesse
par
dessus la pub. Hélas, on verra alors de plus en plus de pubs
à l'intérieur même des émissions, donc
impossibles à éviter: dans ce cas, il vaut mieux renoncer
à regarder la télé.
- [TRANQUILLITÉ] L'avenir est aux
"magnétoscopes à disque dur", qui permettent de reprendre
une émission en directe au moment où on a
été interrompu par un coup de téléphone,
mais aussi d'éliminer les publicités. Notez d'ailleurs
que
depuis quelque temps, les images annonçant le début et la
fin des pubs sont devenues changeantes, sans doute pour empêcher
la détection automatique des pubs. Néanmoins, avec un tel
appareil, vous pouvez démarrer l'enregistrement, puis commencer
à regarder avec une demie-heure de retard. Dès que surgit
une pub, vous la sautez en vitesse accélérée,
c'est-à-dire que vous rattrapez une partie des 30 mn de retard
que vous aviez au départ. Génial, non?
- [RÉSISTANCE ACTIVE] Il faudrait une initiative
législative pour que les chaînes soient obligées de
signaler (par exemple par un signal sur le télétexte) les
périodes de publicité. Ceci permettrait l'apparition de
magnétoscopes qui suppriment automatiquement les coupures
publicitaires. Il me semble que ce système existe en
Amérique du Nord (me confirmer si vous en savez plus).
La publicité sur le web
Presque toute l'économie du réseau internet vit de la
publicité. Plus les investisseurs deviendront méfiants,
et
mieux les publicitaires comprendront le fonctionnement du
système, plus les publicités risquent de devenir
agressives et gênantes: clignotantes, défilant devant le
texte que l'on lit, apparaissant dans une fenêtre qui envahit
l'écran et ne peut pas se fermer,...
La seule solution est d'utiliser un logiciel qui permet de se
protéger de ces publicités, qui sont en
général reconnaissables même par une machine
(domaine internet d'origine, taille standardisée des bandeaux,
fenêtres "pop-up" apparaissant sans opération de
l'utilisateur,
etc...). Vous devrez donc remplacer Netscape ou Internet Explorer par
d'autres logiciels (exemple: internet Cab, sur Mac). Bien sûr, la
réponse des annonceurs sera (et est déjà) de
créer des sites lisibles uniquement avec les logiciels qui
affichent toutes les publicités, ou à obliger de passer
par un site entièrement publicitaire avant de lire la page que
vous souhaitez. Il faut alors s'opposer à cette
évolution,
par exemple en envoyant un message au responsable signifiant que vous
n'avez pas pu lire son site, ou simplement en ne consultant plus ce
genre de sites.
Depuis peu, on parle de logiciels permettant d'éviter la pub
(à la fois pour le confort, et pour accélérer les
téléchargements), dont WebWasher
ou autre. Je ne connais pas vraiment, mais pourquoi ne pas essayer?
Sans
doute qu'un jour, les sites seront tellement imbriqués de pub
qu'il sera impossible de passer au travers: ce jour-là vous
pourrez cesser de les consulter.
[RÉSISTANCE PASSIVE] [TRÈS EFFICACE!!!] Personnellement,
j'utilise
Privoxy (une version améliorée de JunkBuster,
un logiciel mis au point par l'association américaine
JunkBusters, mais dont le développement cessé), un petit
programme très efficace disponible pour Unix, Windows, et MacOS
X. C'est gratuit (en licence
GPL, comme Linux), à télécharger sur www.privoxy.org. Ce programme
est techniquement un "proxy": le navigateur lui demande d'aller
chercher
les pages internet, et c'est Privoxy qui contacte effectivement le site
Internet pour avoir la page. Dans le cas où l'adresse indique
clairement que c'est de la pub (les pubs sont en général
sur d'autres serveurs de façon à pouvoir faire payer
l'annonceur en fonction du nombre d'internautes qui ont vu la pub, ou
bien dans un répertoire spécial souvent nommé
"/ads/"), le programme renvoie une image (ou un texte) indiquant qu'une
pub a été bloquée (on peut néanmoins la
consulter si on veut). Privoxy est bien plus intelligent que
JunkBuster,
et utilise un grand nombre de critère pour détecter les
pubs: étonnant, ce programme marche déjà
très bien, tel quel, sans aucune personnalisation (alors qu'il
n'a pas été prévu spécialement pour la
France), mais on peut rajouter des règles (exemple:
éliminer les images de telle taille venant de tel serveur, ou
bien tout ce qui vient du répertoire /pubs/ du site
lemonde.fr...
Du coup, la navigation redevient agréable, et également
beaucoup plus rapide car les pubs sont longues à
télécharger (ce sont des images, souvent animées),
et les serveurs de pubs sont souvent très encombrés
(comme
doubleclick.net, par exemple). Attention, ça peut poser des
problèmes pour consulter certains sites, et là il y a
deux
solutions: soit configurer Privoxy pour limiter le filtrage au site en
question (ce n'est pas toujours évident de voir ce qui a
réellement posé problème), soit le
désactiver complètement pour ce site (soit en mettant
Privoxy en mode non-filtrant le temps de la consultation, soit en
disant
au navigateur de ne pas utiliser le proxy pour une adresse
déterminée).
Je reconnais que la configuration de Privoxy peut demander quelques
temps pour un néophyte. Cependant, la configuration par
défaut est déjà très satisfaisante, et en
cas de soucis il reste toujours l'option "désactiver Privoxy"
pour consulter le site qui pose un problème.
Pour plus de détails, cherchez sur le web... Par exemple,
lisez cette
intéressante page.
L'affichage sur les murs et sur les
panneaux
Véritable pollution visuelle, ces panneaux pullulent. Ils font
toutes les tailles jusqu'à 8 mètres sur 3, et certains
sont même animés. Comment réagir?
- [RÉSISTANCE ACTIVE] La publicité est-elle
légalement autorisée? C'est en général le
cas en ville, mais par contre les alentours des villes sont
parsemés de panneaux sauvages, donc à faire enlever par
l'ordre public. L'exemple de la "raquette" de Leclerc, immense enseigne
défigurant une entrée de Grenoble, qui a
été
démontée grâce à l'action d'associations,
devrait faire des émules. Allez voir l'association Paysages
de France,
spécialiste de ce genre d'actions, et qui accumule les
succès devant les tribunaux depuis quelques années.
- [RÉSISTANCE ACTIVE] Interpellez votre maire:
combien la ville touche-t-elle par publicité? Comment tel
annonceur a-t-il eu l'autorisation de mettre un panneau plutôt
qu'un autre. Quel est la nature exacte du contrat entre la ville et
l'annonceur? On connaît le cas du mobilier urbain,
installé
par l'entreprise J.C.Decaux, et dont la publicité ne profite pas
à la ville qui l'a autorisé: malgré le
caractère léonin des contrats, les villes peuvent se
libérer de la mainmise de ce genre d'entreprises.
- [RÉSISTANCE ACTIVE] Si vous possédez un
mur visible depuis la rue, pourquoi, au lieu de laisser installer une
publicité, ne pas réaliser ou faire réaliser un
joli dessin dessus?
- [RÉSISTANCE ACTIVE] Parmi les méthodes
non
autorisées, on peut signaler la possibilité de
décoller les affiches lorsqu'elles viennent d'être
posées. On peut aussi modifier la publicité de
façon à la rendre ridicule. Les usagers du métro
de Paris pratiquent de plus en plus ces méthodes, malgré
les risques juridiques réels, mais avec une certaine
efficacité.
- [RÉSISTANCE ACTIVE] Le détournement de
publicité (c'est une spécialité
américaine).
Plutôt que de modifier réellement les affiches
posées sur les murs, on publie des publicités qui y
ressemblent énormément, mais où les quelques
différences rendent l'objet complètement ridicule.
Exemple: la pub des cigarettes « Cool » (« sympa
») transformée en « Fool » (« idiot
»). Voir également les extraordinaires
détournements
de publicités de voitures dans le revue « Cars busters
», publiée à Lyon. Mais ça demande beaucoup
de travail, et j'en ignore l'efficacité. En France, c'est
"Casseurs de pub" qui fait ça: une association d'artistes,
éventuellement issus du secteur de la pub, qui attaque la pub
avec ses propres armes. À vous de voir!
- [RÉSISTANCE ACTIVE] Tout n'est pas
forcément légal, mais certains s'amusent à
démonter les panneaux publicitaires pour en retirer l'affiche,
ou à mettre en panne les systèmes capables de
changer automatiquement de publicité peuvent tomber
spontanément en panne. Je constate cependant que cette
activité semble en passe de devenir un sport national à
Montpellier: je vois souvent des panneaux publicitaires ouverts, en
panne, ou vidés de leurs affiches (en particulier les "petits"
panneaux 1m par 2m, posés en plein milieu du trottoir de
façon très gênante pour les piétons, et qui
changent de publicité toutes les 6 secondes avec un bruit de
moteur pas-à-pas très gênant pour les gens qui
habitent à côté de tels panneaux). Cela dit, sachez
que l'annonceur est rapidement mis au courant quand un panneau est en
panne, soit qu'il les surveille fréquemment, soit qu'il les
équipe d'un système GSM (JC.Decaux affirme avoir ainsi
équipé chaque panneau d'un système capable
d'envoyer des SMS pour confirmer son bon fonctionnement!). Sachez que
légalement, toute dégradation (déchirement d'une
affiche par exemple) est punissable, mieux vaut donc effectuer un
simple "emballage" des panneaux, autre sport national à
Montpellier.
Dans les transports en commun
C'est habituel de poser des pubs sur les bus, ou dans les couloirs de
métros, ou encore aux arrêts de bus. C'est difficile de
lutter contre, tout au plus peut-on retirer les publicités qui
pendent à l'intérieur des véhicules. Et ce serait
une bonne idée si les tagueurs de bus, si nombreux, se
limitaient
à ne taguer que les publicités.
Dans des transports vraiments saturés de publicité,
comme le métro parisien, le voyageur débutant qui regarde
à droite et à gauche, ne voit que des publicités.
Et l'habitué, lui, ne voit plus les publicités: il a pris
l'habitude de se renfrogner et de ne plus rien regarder. À mon
avis, c'est une raison non négligeable des visages si soucieux
que l'on croise dans ce métro (pour en être sûr, il
faudrait construire une ville comparable à Paris, mais sans
publicité dans le métro...).
Une nouvelle mode est le « pelliculage »: un film
imprimé est posé sur tout le véhicule, y compris
sur les fenêtres. Il n'empêche pas la vision depuis
l'intérieur, car il y a des petits trous dans la pellicule, mais
il rend l'engin particulièrement laid. Il serait efficace de
refuser ostensiblement de monter dans un tel véhicule, ou bien
de
refuser systématiquement de payer (s'il y a de la
publicité, ça devrait être gratuit), ou encore que
des usagers manifestent contre cette pratique.
[RÉSISTANCE ACTIVE] Pour ceux que ça ne
décourage pas, une information que l'on m'a indiquée: les
pellicules
utilisées pour la publicité sont (plus ou moins) faciles
à installer, et faciles à retirer: une publicité
chasse l'autre, et il ne faut pas abîmer le véhicule
lui-même. Conclusion: il est très facile de tirer sur un
coin de la publicité pour décoller toute la pellicule. Ce
n'est pas forcément très discret, mais dans un
embouteillage vous aurez largement le temps de dépelliculer un
bus! Un militant circulant à vélo serait parfaitement
assuré de pouvoir se mettre à l'abri si
jamais cette initiative ne plaisait pas au chauffeur du bus. Pour
autant, le pelliculage ne vous appartenant pas, ceci est strictement
illégal: il s'agit d'une dégradation légère
(car le bus n'est pas détérioré dans
l'opération), punissable d'une peine d'amende.
Enfin, une remarque: le nouveau tramway de Montpellier,
réalisation de prestige de la mairie, est indemne de
publicité (ni sur les rames, ni dedans, ni même aux
arrêts importants), preuve que quand on aime, on n'y colle pas de
réclames. Tandis que le vieux tram de Saint-Étienne,
quasiment laissé à l'abandon par la municipalité,
est lui maculé de publicité sur toute sa surface...
Hélas, au même moment, la mairie de Montpellier a permis
l'installation de centaines de panneaux, en plein milieu des trottoirs,
qui sont en plus très bruyants, car la publicité change
toutes les 6 secondes. Les trottoirs, qui sont déjà
étroits, n'avaient vraiment pas besoin de ça!
Dans les magasins
Ça semble normal de mettre de la publicité dans un
magasin: il faut que le client sache ce qu'il peut y trouver. Mais le
problème se pose dans les grands magasins, qui ont des pratiques
contestables:
- [RÉSISTANCE PASSIVE] labyrinthe à suivre
avant d'arriver au rayon souhaiter (typiquement le cas des Galleries
Lafayette, d'IKEA, ou d'Alinéa): éviter ce genre de
boutique, si vous ne trouvez pas
ce pour quoi vous êtes venu, l'intérêt est nul.
- [RÉSISTANCE PASSIVE] On doit rentrer par le
rayon
le plus cher du magasin: pourquoi ne rentrez-vous pas par les caisses,
directement à l'endroit où vous avez quelque chose
à acheter? Il y a peu de chance que les vigiles vous
l'interdisent à chaque fois. D'une manière
générale, il faut absolument savoir ce que l'on va
acheter
avant d'aller dans une grande surface (si on y va, ce qui est
déjà discutable): ça fait gagner du temps et de
l'argent.
- [RÉSISTANCE PASSIVE] On donne des coupons pour
acheter d'autres produits: refusez-les avec un signe de lassitude, et
faîtes vos courses ailleurs, car si le magasin peut faire des
réductions avec des coupons, pourquoi ne vend-il pas tout
simplement moins cher, sans coupons?
- [RÉSISTANCE ACTIVE] Il y a des « produits
d'appels »: le pain et l'essence sont bon marché, mais
vous
achetez aussi les fruits et légumes, qui sont très chers.
Dans ce cas, soit n'achetez que l'essence et l'eau minérale
(vendues à perte par le magasin) et rien d'autre, soit restez
dans votre quartier: la facture totale ne sera pas plus
élevée, surtout que vous pourrez remplacer des produits
tout emballés (chers) par des produits frais (meilleurs et moins
chers). Dans le cas du pain, le but est de faire disparaître les
boulangeries, et donc d'éviter que les clients aillent faire
leurs courses en ville: n'achetez donc le pain là-bas (bien
qu'il
soit mauvais et sèche en moins d'une journée) que si vous
êtes d'accord avec cela. Mise à jour 2005: ces
derniers temps, les hypermarchés français ont tellement
augmenté
leur prix qu'il est plus avantageux que jamais de faire ses courses
dans les marchés et chez les commerçants
indépendants. Les frontaliers allemands ou suisses ont
d'ailleurs cessé de traverser la frontière pour faire
leurs courses dans les hypers français!
- [RÉSISTANCE ACTIVE] La publicité
annonçait une perceuse pas cher. Malheureusement, il n'en reste
plus, mais du coup vous avez fait les courses. C'est classique, et
Carrefour l'a institutionnalisé en annonçant même
à l'avance qu'il y en a très peu. C'est une vraie
escroquerie, donc n'achetez que les produits effectivement bon
marché (à peu près ceux qui sont indiqués
dans la publicité) et rien d'autre. S'il n'y en a plus,
n'achetez
rien, voire déposez plainte pour publicité
mensongère (difficile!).
La publicité à des endroits
« anormaux »
Non contente d'envahir les murs, les bus, les radios, les
télés, et les boîtes aux lettres, la
publicité tente de s'introduire dans des endroits encore
préservés, par exemple:
- dans les fêtes populaires: pour toute animation
autorisée par une mairie, vous êtes sûrs de trouver
les réclames de McDo, Coca-Cola, France Télé-con,
quelques marques d'alcool,... Et ces généreux sponsors
exigent une animation "standard", avec trop de décibels pour
parler, avec animateur au micro pour vanter leurs mérites,...
Peut-on encore parler de fêtes populaires? Il ne s'agit plus
alors
que d'actions commerciales. Pourquoi ne pas embaucher plutôt un
accordéoniste pour animer la fête?
- à l'école: des enseignants utilisent du «
matériel pédagogique » fourni gracieusement par des
entreprises privées. Les associations de parents
d'élèves doivent s'y opposer.
- Sous la forme d'écrans géants animés, de
peintures géantes sur les murs, d'enseignes sur le toit des
immeubles: à voir avec la mairie. Que dit le permis de
construire? Que dit le règlement local de la publicité?
- Dans les films: la caméra filme ostensiblement les
marques
avec lesquelles a collaboré le réalisateur. A
dénoncer, et remplir la liste noire des réalisateurs de
navets. Exemple type "Tout sur ma mère" de Pedro
Almódovar, avec les zooms sur le mobilier (d'une tristesse
désespérante) "Habitat" et sur la marque de la voiture
"Peugeot" (sans cette marque, impossible de la différencier
d'une autre automobile!).
- Sur les fournitures scolaires: cahiers, taille-crayons,... Tout
vous encouragera à acheter les modèles publicitaires, en
général plus chers que les autres! Ces produits ont un design
très étudié, contrairement à certains
produits génériques, mais sont à peu près
tout le temps de mauvaise qualité: tout en plastique (sauf les
cahiers, quand même). Vous décidez, mais voulez-vous
imposer à votre enfant de la publicité, tout en payant
cher pour des produits de mauvaise qualité?
- Dans les stades: je n'en dirai pas plus, le sport professionnel
n'est que de la publicité. Cela n'a pas à
être ainsi pour le sport amateur, par contre, mais ça
l'est
pourtant également.
- Sur les habits de tous les jours: c'est parfois presque pire
qu'une combinaison de pilote de F1, vue la quantité de
publicité. Là encore, c'est cher pour une qualité
douteuse (Nike est loin d'être une marque réputée
pour sa qualité), mais ces habits permettent en particulier
à des jeunes de quartiers pauvres de montrer un certain rang
social. A chacun de ne pas tomber dans le panneau: si les habits ne
sont
pas de bonne qualité, quel honneur pourrait-il y avoir à
les porter? N'hésitez pas à vous démarquer:
vous
achetez une veste de ski qui a une marque de 10x15cm, votre
première action devrait être de découdre cette
marque! Je n'hésite jamais à me moquer gentiment des amis
lorsqu'ils sont transformés en hommes-sandwitchs
bénévoles et même payant de leur poche le
matériel publicitaire!
Adresses utiles
- Résistance à l'Agression Publicitaire
(R.A.P.): probablement l'association française qui
s'intéresse le plus à la question. Cette association
mène une action pragmatique, un peu sur tous les tableaux
à la fois, mais hélas trop centrée sur Paris.
Adresse: 53 rue Jean Moulin, 94300 Vincennes, tél:
01.43.28.39.21 http://www.antipub.net/
.
- R.A.P. à Montpellier: il y a un militant qui sert de
relais sur Montpellier. Contacter R.A.P. ou moi-même pour avoir
plus de détails.
- Casseurs de pub: une petite revue qui attaque la pub sur
son propre terrain, en faisant des détournements de
publicités. Le fondateur est un ancien de Publicis! Adresse: 11
place Croix-Pâquet, 69000 Lyon, tél: 04.78.39.93.32.
- Paysages de France: une association qui lutte contre la
défiguration des paysages par les réclames. On peut les
remercier pour la disparition d'une immense publicité ("la
raquette") à l'entrée de Grenoble. Adresse: MNEI, 5 place
Bir-Hakeim, 38000 Grenoble, tél: 04.76.03.23.75.
- Charlie-Hebdo: un journal à l'histoire
mouvementée (né à la suite d'une revue de BD,
"Charlie Mensuel", disparu vers 1980 faute de lecteurs, réapparu
en force 10 ans plus tard, redevenu assez désagréable
depuis la fin des années 1990 et le pouvoir trop dictatorial de
Philippe Val), a au moins une qualité: il n'y a aucune
publicité. Le hors-série n°13 (mai 2001) a pour titre
"À bas la pub!", prix 30F en kiosque, 45F port compris. Adresse:
44 rue de Turbigo, 75003 Paris. Et chaque mercredi en kiosque, 10F. Une
rubrique habituelle reprend une publicité pour la décoder
et la ridiculiser.
- Le Canard Enchaîné: Cet hebdomadaire
créé en 1916 (avec une interruption entre 1940 et 1944)
n'a jamais contenu de publicité, et il s'en porte
financièrement très bien, contrairement à la
majorité des journaux. Il dénonce
régulièrement le poids de la publicité sur les
médias d'information. Chaque mercredi en kiosque, 8 pages, 1.20
Euro.
- L'Agglo-Rieuse: hebdomadaire d'information sur
l'agglomération de Montpellier, créé en 2002.
Très peu de publicité, mais leur diffusion ne leur assure
pas un revenu suffisant, et leur peu de publicité vient
peut-être aussi de la difficulté à trouver des
annonceurs... Chaque mercredi en kiosque (sauf "Relay"), 4 pages, 1
Euro. Je ne manque pas un seul numéro.
- Il existe des journaux qui limitent volontairement leur volume
de
publicité pour garder une certaine indépendance: par
exemple Le Monde Diplomatique (mensuel inclassable, nombreuses
traductions disponibles, propriété du Monde, des
journalistes, et de lecteurs; attention, sont-ils en train d'inclure
plus de publicité?), ou Alternatives Économiques
(mensuel d'économie, propriété de ses
salariés), pour parler des plus influents. D'autres journaux ont
assez peu de pubs mais faute d'arriver à attirer les annonceurs
à cause d'une ligne éditoriale trop "déviante",
par
exemple: L'Humanité (fossile quotidien du PCF) , La
Croix (fossile quotidien de l'église), Marianne
(hebdomadaire assénant les opinions de Jean-François
Kahn, assez inclassable).
- La CNIL (commission nationale informatique et libertés),
est l'institution française officielle chargée de
vérifier que l'informatique ne nuit pas trop aux libertés
individuelles. Malheureusement, elle pose à peine quelques
garde-fous, le plus souvent malgré tout franchis un peu plus
tard, quand elle n'est pas carrément exclue par le
législateur (cas de la loi sur la vidéosurveillance de
Charles Pasqua: et depuis, ça ne s'est pas
amélioré). Mais la CNIL est également
impliquée dans la lutte contre le spam: voir son site internet http://www.cnil.fr.
- Le Collectif Anti-SPAM, uniquement sur le web (http://caspam.org), est un site exhaustif
(même trop?) sur le "spam", ou courrier
électronique publicitaire non sollicité selon la
terminologie américaine. Explications, conseils, outils
anti-spam... Le présent article a même été
repris sur ce site le 23/09/2002 (ceci dit par honnêteté:
qu'on ne m'accuse pas de faire partie d'un cercle d'admiration
mutuelle).
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